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La Fluidité, cet oasis tant recherché

En quelles occasions le temps s’arrête-t-il pour vous ? Quand faites-vous exactement ce que vous voulez faire, sans souhaiter que cela prenne fin ?



Il est 8h30, jour gris, jour de tempête, au manège, seul le vent qui souffle et s’engouffre par la grande porte se fait entendre. Bercée par les foulées de galop de mon fidèle ami, je profite de l’instant présent. Le silence, son galop léger et rond, le poids du cuir dans mes mains, ni plus ni moins, ni trop peu ni pas assez, et mon corps qui suit avec facilité ce mouvement. La concentration est à son maximum, je décide de rétrécir le cercle. Me grandissant, fixant mon regard vers l’intérieur, nous redressons le galop, plus lent et plus rassemblé, le cercle se rétrécit, la cadence est bonne, je me laisse bercer. Ma jambe externe reculée d’une faible pression, propose une foulée très courte, et mon beau noir monte son garrot laissant ses postérieurs presque sur place. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Le vent fait bouger les feuilles et les branches sur le toit, le bruit est assourdissant mais ni lui ni moi n’y réagissons. Je demande alors l’évasement tout en gardant le rythme, on sort sur une ligne droite, le galop s’allonge, encore quelques secondes d’harmonie de nos deux corps et on repasse au pas le sourire aux lèvres en repensant à ce que l’on vient de vivre.


Cette fluidité, qui a permis à nos deux êtres d’être en accord parfait dans un exercice difficile qui nous a semblé presque facile sur le moment est ce que recherche chaque être humain sur cette terre.


La fluidité c’est le summum de l’intelligence émotionnelle, les émotions sont mises au service de la performance ou de l’apprentissage. Celles-ci ne sont pas seulement maîtrisées et canalisées, mais aussi positives, chargées d’énergie et appropriés à la tâche à accomplir. La dépression, l’ennui et l’anxiété empêchent la fluidité.


La fluidité tout le monde la ressent même sous forme de micro fluidité plus modérée.

C’est un sentiment de joie spontanée, voire de ravissement. Quand on s’absorbe complètement dans ce qu’on fait, qu’on y consacre la totalité de son attention, la conscience se confond alors avec les actions.

D’ailleurs, la fluidité est brisée si l’on réfléchit trop à ce qu’il se passe – le simple fait de penser « c’est merveilleux » suffit à mettre un terme à la sensation.


Dans l’état de fluidité, on ne pense plus à soi-même. Au lieu de se laisser envahir par une anxiété nerveuse, la personne fluide est si absorbé par ce qu’elle fait qu’elle perd entièrement conscience d’elle-même et oublie les petits tracas de la vie quotidienne.

On est dépourvu d’égo dans ces moments là. On perd la notion du temps et de l’espace.


Paradoxalement, les gens en état de fluidité maîtrisent parfaitement ce qu’ils font, leurs réactions sont parfaitement adaptées aux besoins changeants de leur tâche. Et, bien qu’ils soient au sommet de leur performance, ils ne se demandent pas s’ils vont réussir ou échouer, c ‘est le pur plaisir de l’acte qui les motive.


La fluidité combine le plaisir spontané, la grâce et l’efficacité.

Dans l’état de fluidité, l’attention est à la fois détendue et très focalisée.


Lorsque les gens sont pris par des activités qui mobilisent et retiennent leur attention sans le moindre effort, leur cerveau « se calme », c’est-à-dire que l’excitation corticale diminue. Pourtant, on aurait tendance à penser l’inverse, à penser que, porter par l’enthousiasme, l’adrénaline, l’excitation du moment, le cerveau serait alors en excitation forte. Mais il n’en est rien, lors d’un état de fluidité, on est plus calme, confiant, serein.


La zone de fluidité et de performance optimale est une sorte d’oasis d’efficacité corticale, avec une dépense minimale d’énergie mentale.

Cela s’explique peut être par le fait que la compétence dans un certain domaine est ce qui permet à la personne d’entrer dans l’état de fluidité ; la maîtrise d’une activité physique ou mentale signifie que le cerveau l’accomplit plus efficacement.

Qu’on soit musicien, cavalier, sportif amateur ou plus expérimenté, intellectuel, manuel, amoureux, parent, jeune ou plus âgé… la passion est un tremplin vers la fluidité.

Faire ce que l’on aime et aimer ce que l’on fait pour vivre un maximum de moments positifs.


Martin Seligman, dans son ouvrage sur la psychologie positive, décrit les aspects psychologiques de la gratification, du flux, de la fluidité :


- La tâche est difficile et nécessite des compétences

- Nous sommes concentrés

- Il y a des objectifs précis

- Nous obtenons un feedback immédiat

- Nous sommes profondément impliqués

- Nous avons le sentiment de contrôler la situation

- Notre sentiment de soi disparaît

- Le temps s’arrête.


Alors pour atteindre la fluidité dans un domaine que l’on maîtrise, prenons le temps de faire les choses bien, avec précision et tact, en ressentant les émotions et seulement alors nous aurons cette chance de vivre des instants magiques dans cet oasis où ni le temps ni l’espace ni même les bourrasques de vent ne pourront venir nous déranger, nous déraciner…


Il est important de réussir à atteindre dans différents moments de la journée, au travail comme dans sa vie personnelle, cette fluidité qui procure tellement plus que le simple accomplissement de la tâche.


Julie


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